L’accompagnement thérapeutique : comment la parole accompagne l’exploration de ce qui nous habite.

Comme je vous l’avais présenté dans le précédent billet sur l’éducation spécialisée, la mise en mots de la souffrance, de ce qui nous anime, nous fait souffrir est un préalable important avant que puisse s’acter dans la vie les modifications porteuses de transformation.

L’accompagnement thérapeutique est cet espace que je vous ouvre afin de démêler les fils qui constituent le ou les nœuds intérieurs qui vous pèsent et vous mènent à rechercher des solutions à votre mal-être.

En effet, ce mal-être se présente bien souvent sur un sentiment diffus qui nous fait soupçonner que quelque chose ne va pas, soit par la répétition d'événements désagréables et/ou de comportements qui nous font souffrir, qui nous malmènent, se présentant comme des processus inéluctables sur lesquels nous ne semblons avoir aucune prise, soit par une souffrance que nous ne pouvons pas relier, de manière raisonnable, à un élément concret de notre vie. 

L’adage : il y a pire que moi, peut revenir en boucle comme une sentence à se taire, à ne pas ouvrir les droits à la souffrance, à la douleur car bien sûr nous ne sommes pas à plaindre. Cette rationalisation de nos sentiments de souffrance est une des causes principales de l’installation de ce mal-être diffus, rejeté par notre conscience, notre éducation, mais aussi la morale de notre société, de ces petites phrases que l’on s’est sans cesse entendu répéter, mais il y a pire que toi, tu manges à ta faim de quoi tu te plains, vous avez tout ce qu’il vous faut alors pourquoi vous plaindre. 

C’est ici le droit à la plainte qui résonne à l’intérieur de certains d’entre nous, ouvrant ainsi la voix à un sentiment de culpabilité féroce nous conduisant à une injonction de plus en plus croissante à se dire que s’ils n’y arrivent pas, c’est bien de notre faute, et bien sûr de personne d’autre. 

Cette image du héros, de la valeur héroïque du sujet a bien sûr son pendant celui du bon à rien, faible, minable, sans ressource et impuissant. Ce personnage qui est dans l’ombre de notre fantasmagorie du comportement héroïque nous cause bien des soucis, car comme tout élément rejeté, voire même ignoré, il se fait entendre et devient un trickster des plus féroce par la mise en oeuvre d’obstacles toujours plus ingénieux qui détourne la rivière de son lit et lui fait prendre des détours chaotiques, nous faisant perdre notre nord.

Cette souffrance qui nous habite demande à être entendue par une écoute attentive de son porteur. Elle vient raconter quelque chose de soi, d’une partie de nous-mêmes qui cherche la lumière de notre conscience. Elle raconte la partie de notre histoire qui a été oubliée, passée sous silence ou tout simplement nous rappelle à l’ordre lorsque nous ne sommes plus sur le chemin qui est le nôtre. Elle nous ramène inéluctablement vers nous-mêmes, vers notre individualité.

Mon travail auprès de patients aux pathologies psychiatriques sévères a ouvert mon esprit aux différentes colorations de l’âme et à les respecter. 

Oui, l’âme humaine a son expression unique à l’intérieur de chaque homme qui vit sur cette terre. Malheureusement, notre monde nous pousse à l’uniformisation ou pire à une injonction d’être différent, exceptionnel aux yeux de l’autre. 

Exceptionnel, vous l’êtes déjà par la coloration unique de votre âme, mais cela peu de personnes le disent. Pour être exceptionnel, il semble que nous devons faire un effort, une remodélisation de sa nature pour que paradoxalement elle corresponde à l’image de cet être d’exception fantasmé et propre à chaque société et qui finalement tant plus à l’uniformisation de l’exceptionnel. 

Hérésie, l'être extraordinaire que vous êtes depuis votre naissance ne demande pas à ce que vous soyez modelé, votre place n’est pas à faire, elle est déjà là, elle vous attend et patiente le temps que vous puissiez l’incarner et vous y installer comme dans un fauteuil bien moelleux et qui ne nécessite aucune remodélisation mais simplement la rencontre avec votre propre nature.

C’est cette place qui permet à chaque sujet de participer à ce monde, à cette co-construction de cette toile humaine que nous formons. La souffrance de nos contemporains est cette absurde croyance que le monde nous fait ou que nous faisons le monde. Ni l’un ni l’autre n’est vrai, en tout cas pas séparément. Nous naissons dans un monde qui nous façonne, mais nous façonnons aussi ce monde. C’est bien cette interrelation qui donne corps à cet univers dont nous faisons partie. 

Nous nous trouvons étrangement dans un paradoxe où le développement de la conscience humaine a fait la part belle à la toute-puissance de l’être humain. Celui-ci pensant qu’il peut s’auto-engendrer, vaincre la mort, surpasser la nature même. Prenant la place de l’archétype de Dieu (peu importe que l’on y croit ou pas, là n’est pas le sujet…), l’Homme pense pouvoir engendrer le monde, se plaçant au-dessus de celui-ci, il s’extrait de la place qui est la sienne, de ce maillon de la chaîne de la vie et de la mort. 

Cependant, cette toute-puissance a son revers qui est bien celui de l’impuissance. Combien d’entre nous ressentons intimement cette incapacité à agir, cette sensation d’être un pantin, ce sentiment de ne plus avoir de maîtrise sur ce qui se passe pour lui, cette sensation de subir sa vie, de subir la société, de subir le monde. 

Dans ce monde dirigé par la raison, le pouvoir, l'égocentrisme, l’argent, n’avons-nous pas oublié quelque chose ? Ce quelque chose qui pour la plupart d’entre nous s’insinue tel une ombre dans nos pensées, dans nos sentiments, dans notre âme. 

L’âme humaine n’est pas uniquement faite de ce que nous voyons, pensons, de cette image qui nous parvient et que nous prenons comme une vérité absolue, de notre perception du monde. Un monde souterrain existe, irrationnel, chaotique et qui pourtant semble receler l’étoile qui nous guide. 

Ce monde, certain, dont les psychologues l’appelleront inconscient, mais ce monde avait déjà une représentation avant Freud et sa redécouverte de l’inconscient. C’était le monde des esprits, c’était le monde des rêves… C’était la peur irrationnelle du monde des esprits qui semble tant faire rire l’Homme moderne et pourtant celui-ci, qui se retrouve sans nom, continue à agir sur nous de l’intérieur, les mêmes peurs de l’homme archaïque nous traversent mais nous avons perdu les mots, les noms, les représentations qui permettaient de lui donner un corps, un nom, une reconnaissance. 

Non qu’il faille croire encore aux esprits, mais ce qu’il représentait avait et a toujours une réalité psychique incontestable qui fait le lit de notre souffrance par notre propre ignorance, notre propre aveuglement et qui ne demande rien d’autre que d'être reconnue, entendue, de sortir de l’ombre, de trouver la lumière de notre conscience. 

Nietzsche nous dit : “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”, mais n’est-il pas tout aussi vrai que : ce que nous ne voyons pas, ce que nous ne conscientisons pas de nous-mêmes nous rend plus faible, plus fragile voire serait un poison mortel pour l’âme. 

Évidemment que toute notre vie, bien des choses resteront dans l’ombre et toute une partie de notre psyché fonctionne naturellement. Ce qui doit venir à notre conscience sont les moments où notre rivière sort de son lit, ou des perturbations (personnelles mais aussi collectives) mettent des barrages et empêchent l’écoulement naturel de notre énergie vitale. 

C’est cela qui fait souffrance, empêchement, impuissance et provoque un mal-être profond, des symptômes douloureux qui nous obligent à regarder et voir que la voie est obstruée. 

Ce qui tape fort à la fenêtre de notre conscience ne doit pas être ignoré, au prix et au risque de nous paralyser.

Ceci est la vision que je peux vous donner de ma perception de l’accompagnement thérapeutique, mais bien au-delà ma perception de la vie, celle qui vaut la peine d’être vécue, pleine, entière, solaire mais aussi obscure, dans l’accueil de tout ce que nous sommes. 

Je serais votre accompagnatrice pour vous rencontrer au-delà de tout dogme et techniques, dans un ajustement à ce que vous êtes au plus près de vous-même.

Si ces mots résonnent en vous, laissez-les vous accompagner un instant, puis découvrez les accompagnements que je propose pour aller plus loin sur votre chemin intérieur, ou contactez-moi pour en parler ensemble.

Précédent
Précédent

L’éducation spécialisée, ou comment entrer dans le mouvement !

Suivant
Suivant

L’art au service de la rencontre avec soi : comment la créativité donne naissance à ce qui vit en nous!